L'artiste et l'alchimie

La quête opiniâtre du peintre est proche de celle de l'alchimiste.

 

Un grand navigateur (Bernard Moitessier) a donné cette très bonne définition de la pratique alchimiste  :

 

"Bruits de l'eau...bruits de l'eau...bruits de l'eau

Autrefois l'Alchimiste pétrissait la matière pendant longtemps, longtemps, Et les gens croyaient qu'il voulait fabriquer la Pierre Magique, celle qui change les choses en or.

Ce que cherchait l'Alchimiste en vérité, ce n'était pas la Pierre Magique, celle qui change les choses en or. C'était seulement la transformation de l'Alchimiste lui-même, par le temps et la patience et par le temps encore. Et parfois L'Alchimiste allait trop loin."

 

 

Faire descendre l'esprit dans la pierre, rendre à l'inerte sa vibration,

est ma principale obsession.

Mes rochers ne sont pas des reproductions,

ils surgissent de mon cerveau. Ex-nihilo. Chaque œuvre doit être une invite

à accéder à un vortex spatio-temporel.

 

 

"L'artiste est la main qui par l'usage de telle ou telle touche, met l'âme humaine en vibration." - Kandinsky

 

 

 

J'exprime à travers mes rochers une obsédante interrogation métaphysique : les raisons d'une présence au monde.

Protéiformes, ces témoins de l'éternité, ces fruits du chaos ont la peau glacée comme celle des cadavres. Ils nous semblent néanmoins familiers. Leurs multiples plis et replis sont comparables à ceux de l'âme.  Je suis proche de l'art de l'orographie quand je les crée. J'en utilise les codes, comme l'ombre portée. Puis vient la nécessité de leur donner au-delà du relief, une âme. C'est un long processus alchimique.

Sous ma main, les rochers se chargent petit à petit d'une dimension spirituelle.

Je revendique le droit de "peindre en oblique" en référence à Roger Caillois cet écrivain penseur  qui s'interrogeait sur la sympathie qui semble régner entre les formes complexes du monde minéral et les figures de l'imaginaire et qui revendiquait "haut et fort" le droit de "penser en oblique".

 

L'illumination
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