REGARDE LE MONDE S'ÉCROULER (ou la balade du glaçon géant comme spectacle).

 

Nous sommes désormais sur un Titanic à la fois climatiqueet économique. Le navire prend l'eau de toutes parts, on aura beau écoper , il va prendre de la gite. La question est maintenant de savoir si on va chavirer d'un coup ou couler lentement.

 

 

L'intégrité du glacier de Thwaites (dit de l'apocalypse - dont la surface équivaut à un quart de la france) est menacée. Son existence ne tient plus que par un fil.

La pérennité de l'ensemble des glaciers protégés actuellement par Twaithes est mise en cause. Le glacier Thwaites agit comme un bouchon qui les sépare d'un océan toujours plus chaud.

Selon toutes les projections scientifiques, le glacier Thwaites va se détacher de la masse de l'antartique et fondre plus ou moins rapidement dans l'océan.

 

L'humanité aura alors sous les yeux un objet indéniable pour cristalliser son angoisse.

Sans objet l'homme semble incapable de vraiment conscientiser. L'abstrait n'est pas son fort (notamment l'art).

Trop tard !

 

Ce n'est en plantant du sorgho en lieu et place du maïs qu'on sauvera l'humanité.

Nous sommes sur un TITANIC climatique et ce n'est pas en colmatant le trou dans la coque avec un déni de réalité qu'on s'en sortira.

 

Nul doute que nos chaines infos trouveront le moyen d'installer sur le glaçon géant un bureau permanent pour commenter au quotidien sa fonte. Business is business.

 

Les classes supérieures rassemblées sur le pont supérieur du TITANIC et qui écoutent l'orchestre de la jouissance demandent déjà à ceux qui sont à fond de cale d'écoper pour qu'elles puissent profiter du concert jusqu'au bout.

Choisissons le nihilisme climatique, refusons d'écoper, quitte à sombrer plus rapidement.

Ne soyons plus des esclaves dociles !

 

 

« Aussi longtemps que les lois ne seront pas assez parfaites, ou les gouvernements assez bons pour préserver l'homme de l'effet des plus fréquentes combinaisons de la fortune, et de la collision meurtrière des intérêts ; aussi longtemps que la machine sociale sera assez défectueuse pour que ceux qu'elle doit protéger aient à craindre d'être broyés à chaque instant par le jeu de ses ressorts, il sera absurde, odieux et barbare de vouloir empêcher ceux que la roue menace, de se mettre à l'abri du supplice en se jetant dans ce fleuve éternel, sur lequel la pitoyable machine est incessamment suspendue. »

- Alphonse RABBE -

 

 

« Si l’on ne paie à temps ses dettes à la nature, elle vous fait ensuite payer des intérêts usuraires » Lettre de René Daumal à Max-Pol Fouchet – 4 juin 1941

 

L'échouage (fenêtre sur cour) acryl 40x40cm - FP

A quel taux devons nous nous attendre ?

L'apocalypse écologique serait un moindre mal

Mais elle n'aura malheureusement pas lieu.

À sa place nous connaitrons la lente agonie du supplice chinois.

 

Les jeunes générations peuvent maintenant légitimement hurler "No Future" !

 

Si on peut considérer le capitalisme ( et toutes autres formes de productivisme) comme un cancer lent pour la nature, on doit admettre que le libéralisme est un cancer plus qu'agressif !

 

Promouvoir et donc croire à une croissanece infinie dans un monde fini, c'est en fait croire au miracle. C'est une escroquerie majeure - dans le droit fil de l'escroquerie religieuse (Le capitalisme est une religion disait Walter Benjamin qui a converti le christiannisme pour se développer urbi et orbi !).

Depuis l'ingéniérie financière a précipité l'économie, en re cherche de nouveaux continents à exploiter, dans une sorte de métavers. Si ce monde est fini, substituons lui en un autre virtuel pour continuer à faire du fric.

 Mais tout métavers n'existe en fait qu'en regard d'un autre monde. L'économie est désormais constituée de deux strates, certes en symbiose, mais dont la deuxième (le métavers) est beaucoup fragile que la première qui est ancrée dans la matière sonnante et trébuchante.

 

 

La canette et le néant - acryl 50x50cm - FP
Le sang du glacier acrylique 30x30 cm

 

 

 

"Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses" annonce (par la voix du poète celui qui va mourir le lendemain à sa fiancée - (L'affiche rouge /Aragon). 

 

Qui pourra encore dire ces mots à celui lui survivra ?

La catastrophe écologique est imminente, les générations futures vont vivre  l'horreur d'un monde totalement hostile. 

 

Nous regardions le film "soleil vert" dans les année 1970 comme de la science fiction improbable. Mais la fiction est en train de nous rattraper !

 

La dystopie a d'ailleurs remplacé l'utopie de nos jeunes années.

 

 

 

L'homo œconomicus est comme le minotaure.

D'ailleurs celui que l'on peur maintenant appeler" l'homo économinotaure" après avoir dévoré toutes les ressources naturelles dévorera ses propres enfants.

 

« Les capitalistes nous vendront eux-mêmes la corde avec laquelle nous les pendrons » disait Lénine.  Mais le capitalisme se vendra à lui-même la corde avec laquelle il se pendra. Pour le capitaliste, il n'y a pas de petit profit, même si c'est le dernier.

 

 Le capitalisme est un monstre avenant qui remplit notre assiette en échange d'une répartition des richesses qui lui est sutout favorable. Hier, on vous menaçait des foudres de l'enfer en cas de contestation de l'ordre social, aujourd'hui on vous menace d'un déclassement.

 

 

 

La plupart de nos hommes politiques prient maintenant pour la "Sainte Croissance" .

Á aucun moment ils ne pourraient envisager une "croissance alternative" :

le dogme reste le dogme !

 

Les jeunes générations n'ont plus d'avenir. Elles se rebelleront un jour contre les chantres du libéralisme, les as du fond d'investissement, de la croissance aveugle et notamment de tous ceux qui s'enivrent de la magie funeste des algorithmes (ou comment faire travailler des enfants dans le monde dans des conditions abominables en se donnant bonne conscience ou faire pisser la nature au-delà du raisonnable - derrière chaque produit financier il y a, à un moment ou un autre, de la souffrance humaine ou environnementale).

 

Les jeunes générations n'auront que le choix de la radicalité, et le monde contemporain verra apparaître l'expression d'une radicalité qui ira jusqu'à l'expression d'un nihilisme climatique.

 

"La nature est éternellement jeune, belle et jeune" écrivait George Sand.  NON, elle est tout simplement, c'est nous qui lui trouvons des qualités que nous sommes incapables de préserver !

 

La nature est efficace, déterminée, entièrement occupée à son affaire comme nous le dit fort justement la Bhagavad-Gîtâ :

 

"Le monde est esclave de son affairement constant,

Si tu veux être libre, fais que chacune de tes actions soit une offrande"

 

L'art est pour sa part une offrande car

il échappe en théorie à l'utilitarisme (en dehors de la spéculation !).

 

 

La naissance de l'industrialisation a donné de grands tableaux enfumés notamment chez William Turner et Claude Monet. Ces tableaux témoignent d'une fascination pour le progrès mais n'entrevoient pas les ravages à venir de l'industrialisation à outrance.

 

 

L'art doit témoigner des dégâts de l'activité humaine sur la nature.

Anthropocène, collapsologie sont des mots savants. L'artiste doit  pleinement les intégrer dans son art.

 

L'oiseau mazouté

L'oiseau mazouté

( cadre réalisé à partir du recyclage d'un baril d'une grande compagnie pétrolière )

 

 

 

six feet under - acrylique 45x54cm - FP

Les incendies de forêt vu par Philéas :

Philéas - Les arbres noirs (après le feu)